Trois pas, trois secondes, quatre passes : derrière ces chiffres, deux arbitres décident en un instant du sort d’une action. Comment les arbitres de handball sont-ils formés, et quelles règles guident chacun de leurs coups de sifflet ? Les réponses changent la façon de suivre un match.
Deux arbitres sur le terrain : qui décide quoi ?
Observer des matchs de Handball en suivant les arbitres plutôt que le ballon change la lecture d’une rencontre. D’après les règles de la Fédération internationale de handball (IHF), chaque partie est dirigée par deux arbitres de même autorité, assistés d’un chronométreur et d’un secrétaire. Un match de seniors se joue en deux mi-temps de trente minutes, avec sept joueurs au maximum par équipe sur le terrain. Cette égalité de statut évite qu’un seul arbitre impose sa lecture du jeu.
Lorsque les deux arbitres sifflent la même faute mais divergent sur la sévérité de la sanction, ils se concertent. Faute d’accord, la plus sévère des deux sanctions s’applique. Si le désaccord porte sur la possession du ballon, c’est l’avis de l’arbitre de champ qui prévaut après concertation.

Les décisions fondées sur l’observation des faits sont définitives, et seule une décision contraire aux règles peut faire l’objet d’un recours. Pendant le match, seul le responsable d’équipe a le droit de s’adresser aux arbitres. Chaque fédération décide enfin dans quelles rencontres l’assistance vidéo est autorisée.
Quelles règles du jeu les arbitres surveillent-ils de près ?
Le jeu repose sur quelques limites simples. Un joueur garde le ballon trois secondes au maximum et fait trois pas après une réception ou un dribble. Quand il reçoit le ballon en l’air, son premier appui au sol ne compte pas comme un pas, ce qui évite des sifflets contestés sur les réceptions en suspension. Ces limites paraissent simples, mais elles se jugent en une fraction de seconde, pendant que les joueurs courent, sautent et se heurtent.
Le jeu passif suit une procédure précise. Si une équipe attaque sans tentative de tir reconnaissable, l’arbitre montre d’abord un geste d’avertissement. Sans changement de rythme, un jet franc est sifflé contre l’attaque lorsque aucun tir n’a eu lieu après quatre passes au maximum, c’est-à-dire à la réception de la cinquième.
La surface de but, tracée à six mètres de la cage, reste réservée au gardien. Un défenseur qui la touche, même d’un simple contact avec la ligne, peut être sanctionné s’il en tire un avantage. Si cette entrée détruit une occasion manifeste de but, l’arbitre accorde un jet de sept mètres, tiré depuis la ligne des sept mètres face au gardien seul.
Du carton jaune au carton rouge : comment la sanction se gradue-t-elle ?
Les arbitres disposent de trois niveaux de sanction personnelle, qui s’enchaînent dans cet ordre :
- l’avertissement, montré par un carton jaune, limité en principe à un par joueur et à trois par équipe ;
- l’exclusion de deux minutes, durant laquelle le joueur ne peut pas être remplacé ;
- la disqualification, montrée par un carton rouge, valable pour tout le temps de jeu restant.
La troisième exclusion d’un même joueur entraîne toujours sa disqualification. Une disqualification retire aussi un joueur à son équipe pendant deux minutes. Pour les actes les plus graves, un carton bleu suit le rouge et annonce qu’un rapport écrit sera transmis aux instances compétentes. Une exclusion laisse l’équipe à six sur le terrain pendant deux minutes, ce qui oblige ses coéquipiers à défendre en infériorité numérique.
Certaines fautes sautent des étapes. Depuis le 1er juillet 2025, un jet de sept mètres qui touche la tête du gardien entraîne deux minutes d’exclusion, et non plus un carton rouge. La règle suppose que la tête soit le premier point de contact et que le gardien ne dirige pas sa tête vers le ballon.
Par où commencer pour arbitrer au handball en France ?
Le parcours démarre souvent très jeune. La FFHandball forme ses juges-arbitres jeunes par niveaux, du T3 au T1. En Auvergne-Rhône-Alpes, par exemple, les formations T1 et T2 de la saison 2026-2027 s’adressent à des licenciés âgés de 11 à 17 ans.
Chaque niveau suppose d’avoir déjà arbitré des rencontres lors des saisons précédentes. Les candidats passent un QCM d’entrée, suivent les temps de formation, puis valident un QCM de fin de formation. Ils sont ensuite désignés sur les compétitions de jeunes par la commission territoriale d’arbitrage. Cette progression par étapes permet d’acquérir de l’expérience sur des matchs de jeunes avant d’aborder des enjeux plus importants.
Les adultes peuvent aussi s’investir. La ligue des Hauts-de-France propose une formation d’accompagnateur d’école d’arbitrage, accessible dès 18 ans, qui prépare à encadrer ces jeunes arbitres. Pour approfondir les règles, le Livret de l’arbitrage de la FFHandball, édition d’octobre 2025, sert de référence officielle en France.

